Comment perdre du poids rapidement ? Et si c’était justement la mauvaise question ?
- Olivier COULY
- il y a 22 heures
- 8 min de lecture
Comment perdre du poids rapidement ? C’est probablement l’une des premières questions que l’on se pose lorsque quelques kilos deviennent gênants, que l’on ne se sent plus bien dans son corps ou que l’on décide enfin de maigrir.
La réponse paraît évidente : Manger beaucoup moins, supprimer certains aliments, multiplier les interdits et attendre que la balance descende.
Et cela peut fonctionner.
Oui, il est possible de perdre du poids rapidement. Mais perdre rapidement et perdre durablement sont deux choses très différentes.
Car notre poids ne dépend pas uniquement de ce que nous décidons consciemment de mettre dans notre assiette. Le corps, le cerveau, nos émotions, notre environnement et nos habitudes alimentaires interagissent en permanence.
C’est précisément ce qui peut contribuer au fameux effet yo-yo.
Pourquoi perd-on souvent du poids rapidement au début d’un régime ?
Lorsqu’on réduit fortement son alimentation, le poids peut effectivement diminuer rapidement.
Mais le chiffre affiché sur la balance ne correspond pas nécessairement uniquement à une perte de graisse. Au début d’une restriction, une partie de la baisse de poids peut notamment être liée aux réserves de glycogène et à l’eau qui leur est associée. Une perte de masse maigre peut également accompagner l'amaigrissement.
Autrement dit : Perdre 3 kilos sur la balance ne signifie pas nécessairement avoir perdu 3 kilos de graisse.
Et surtout, notre organisme n’est pas passif face à cette perte de poids.
Quand nous maigrissons, notre corps s’adapte
C’est probablement l’un des phénomènes les plus importants à comprendre.
Lorsque notre poids diminue, nos besoins énergétiques diminuent également. Des adaptations supplémentaires de la dépense énergétique peuvent apparaître au cours d'un déficit énergétique prolongé.
La recherche décrit également des modifications des mécanismes impliqués dans l’appétit et la prise alimentaire. Une restriction énergétique prolongée peut ainsi s’accompagner d’une augmentation de la faim susceptible de rendre progressivement la restriction plus difficile à maintenir.
Cela ne signifie pas que « le métabolisme est cassé », ni que le corps empêche toute perte de poids.
Cela signifie quelque chose de beaucoup plus intéressant : Notre organisme s’adapte à ce que nous lui imposons.
La perte de poids n’est donc pas une simple équation dans laquelle il suffirait de retirer toujours plus de calories pour continuer à perdre indéfiniment au même rythme.
Et pendant ce temps, que fait notre cerveau ?
C’est là qu’une autre dimension entre en jeu.
Une restriction alimentaire importante n’est pas uniquement vécue par l’estomac. Elle mobilise également notre attention et nos mécanismes de contrôle.
On commence à penser :
« Je ne dois pas manger cela. »
« J’ai déjà suffisamment mangé. »
« Il faut que je résiste. »
« Il faut absolument que je perde ces kilos. »
Et plus certains aliments deviennent interdits, plus ils peuvent occuper une place importante dans nos pensées.
Parallèlement, la faim, la fatigue, le stress, les habitudes et la recherche de plaisir continuent d’exister.
Le corps demande de l’énergie pendant que l’esprit lui demande de résister.
C’est ici que peut commencer le cercle vicieux.
Le cercle vicieux de la perte de poids rapide
Le mécanisme n'est évidemment pas identique chez tout le monde. Mais il peut parfois ressembler à ceci :
Je veux perdre du poids rapidement
↓
Je réduis fortement ce que je mange
↓
La faim augmente
↓
Fatigue et frustration deviennent plus présentes
↓
Mon cerveau recherche davantage de plaisir et de récompense
↓
Les envies alimentaires deviennent plus difficiles à contrôler
↓
Je grignote ou je « craque »
↓
Je culpabilise
↓
Je décide d'être encore plus strict
↓
Je recommence un régime
↓
Et lorsque le poids revient, je cherche à nouveau comment le perdre rapidement.
Le cercle peut recommencer.

Les mécanismes physiologiques impliqués dans la reprise de poids sont complexes : Les travaux scientifiques décrivent notamment des interactions entre dépense énergétique, appétit, satiété et systèmes de récompense alimentaire.
C’est exactement ce que représente l’infographie qui accompagne cet article : Le corps et l’esprit ne maigrissent pas séparément.
L’effet yo-yo est-il vraiment un manque de volonté ?
C’est probablement l’une des idées les plus culpabilisantes autour de la perte de poids.
Une personne peut parfaitement savoir ce qu’elle devrait manger et pourtant avoir beaucoup de difficultés à modifier durablement son comportement alimentaire.
Pourquoi ?
Parce que manger ne répond pas uniquement à un besoin énergétique.
Nous mangeons aussi par plaisir, habitude, convivialité, automatisme, ennui ou fatigue. Et certaines personnes utilisent parfois la nourriture pour diminuer momentanément une tension émotionnelle ou le stress.
Prenons un exemple très simple.
Ouvrir presque automatiquement un paquet de biscuits devant la télévision n’est pas nécessairement une réponse à la faim.
Chercher du chocolat après une journée particulièrement stressante non plus.
Dans ces situations, répéter :
« Il suffit d’avoir de la volonté »
ne répond pas nécessairement au mécanisme qui déclenche le comportement.
Il serait donc plus juste de dire :
Ce n’est pas seulement une question de volonté.
C’est une interaction entre physiologie, comportements, environnement, apprentissages et parfois facteurs psychologiques.
Pourquoi les kilos reviennent ils après certains régimes ?
Il n’existe pas une cause unique à la reprise de poids.
Elle peut résulter de plusieurs phénomènes qui se combinent : Retour progressif aux anciennes habitudes, difficulté à maintenir une restriction importante, évolution des besoins énergétiques après l'amaigrissement, augmentation de l'appétit, environnement alimentaire, stress ou encore facteurs comportementaux.
Une revue publiée dans Nature Reviews Endocrinology décrit précisément plusieurs facteurs physiologiques susceptibles de contribuer à la reprise de poids après un amaigrissement.
C’est une distinction fondamentale :
Perdre du poids est une première problématique. Maintenir la perte de poids en est une seconde.
Or, lorsque les kilos reviennent, notre réaction est souvent paradoxale :
« Puisque mon régime n’a pas fonctionné, la prochaine fois je serai encore plus strict. »
Et nous recommençons parfois exactement la stratégie qui vient d’échouer.
Et si la bonne question n’était plus « Comment perdre du poids rapidement ? »
Lorsque quelqu’un me dit :
« Je voudrais perdre 10 kilos le plus vite possible. »
une autre question me paraît beaucoup plus intéressante :
« Que faudrait-il changer pour ne plus avoir à reperdre ces 10 kilos dans quelques mois ? »
Cela change complètement la perspective.
L’objectif n’est plus simplement d'obtenir une réaction temporaire de la balance.
Il devient :
Modifier suffisamment son fonctionnement quotidien pour que les nouveaux comportements puissent progressivement devenir naturels.
Et cette idée est cohérente avec les recommandations actuelles de la Haute Autorité de Santé.
La HAS rappelle que les déterminants du surpoids et de l'obésité sont multiples et recommande une évaluation multidimensionnelle permettant de personnaliser l'accompagnement. Elle préconise notamment de prendre en compte les habitudes de vie, les perturbations de l'alimentation et les éventuelles difficultés psychologiques.
La HAS souligne également que l'accompagnement du surpoids et de l'obésité ne se résume pas à atteindre un chiffre sur la balance, mais s'inscrit notamment dans la modification durable des habitudes de vie et l'amélioration de la qualité de vie.
Comment perdre du poids plus durablement ?
Il n’existe évidemment pas une méthode universelle adaptée à tout le monde.
Mais changer durablement de poids suppose généralement de s'intéresser à plusieurs dimensions plutôt qu'à la seule restriction calorique.
Il faut notamment considérer l'alimentation et la satiété, l'activité physique, le sommeil, les habitudes quotidiennes, le stress et l'environnement alimentaire.
Et, chez certaines personnes, une autre dimension mérite d’être explorée :
La relation avec la nourriture.
Pourquoi est-ce que je mange alors que je n’ai pas faim ?
Dans quelles situations est-ce que je grignote ?
Quels aliments ai-je du mal à laisser ?
Que se passe-t-il lorsque je suis stressé, contrarié ou fatigué ?
Pourquoi ai-je déjà réussi à perdre du poids plusieurs fois sans parvenir à stabiliser ce nouveau fonctionnement ?
Ces questions peuvent parfois être plus utiles que :
« Combien de calories dois-je encore supprimer ? »
Quel peut être le rôle de l’hypnose dans la perte de poids ?
Il faut être très clair sur ce point :
L’hypnose ne fait pas maigrir.
Elle ne brûle aucune graisse et ne permet pas de promettre la perte d'un nombre déterminé de kilos.
Je me méfie d'ailleurs des promesses du type « perdez 10 kilos grâce à l'hypnose ».
En revanche, l'hypnose peut être intégrée à un accompagnement visant la dimension comportementale et psychologique du changement.
Dans ma pratique, je l'utilise notamment pour travailler sur certains automatismes, le grignotage, la gestion du stress, la motivation ou l'installation de nouvelles habitudes lorsque ces dimensions participent à la problématique de la personne.
L’idée n’est donc pas :
« L’hypnose va me faire perdre du poids. »
Mais plutôt :
« Quels sont les mécanismes qui m’empêchent de conserver les comportements que je voudrais adopter ? »
C’est une différence fondamentale.
Corps et esprit : Pourquoi les séparer ?
La Haute Autorité de Santé décrit elle-même l'obésité comme une maladie chronique complexe dont les déterminants peuvent notamment être environnementaux, psychologiques, sociaux et génétiques. Elle recommande une approche personnalisée et, lorsque la situation le nécessite, pluriprofessionnelle.
Cela ne signifie évidemment pas que tout problème de poids est psychologique.
Pas plus que cela signifie que tout se résume à l’alimentation.
C’est justement parce que le poids est multifactoriel qu’une approche unique peut parfois trouver ses limites.
C'est cette conception qui guide mon accompagnement en hypnothérapie et comportement alimentaire à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, ainsi qu'en téléconsultation.
Alors, comment perdre du poids rapidement ?
Revenons à la question qui vous a peut-être conduit jusqu’à cet article.
Peut-on perdre du poids rapidement ?
Oui.
Est-ce nécessairement souhaitable ?
Pas toujours.
Une perte rapide garantit-elle que le poids ne reviendra pas ?
Non.
La recherche montre au contraire que notre organisme est un système dynamique : Lorsque nous modifions fortement notre apport énergétique et notre poids, des réponses physiologiques et comportementales peuvent apparaître en retour.
La question la plus intéressante pourrait donc être :
Comment perdre du poids sans avoir continuellement besoin de recommencer ?
Et la réponse est nécessairement plus personnelle.
Car votre alimentation, votre histoire, vos habitudes, votre environnement, vos émotions et les raisons qui vous conduisent à manger ne sont pas exactement ceux de votre voisin.
Une perte de poids durable ne consiste peut-être pas à devenir très performant dans l'art de faire des régimes.
Elle consiste surtout à construire un fonctionnement que l'on puisse conserver une fois le poids perdu.
À retenir
Perdre rapidement du poids est possible, mais perdre du poids et maintenir cette perte sont deux problématiques différentes.
La restriction alimentaire agit sur le corps, mais celui-ci s’adapte. Le comportement alimentaire est également influencé par la faim, les habitudes, le plaisir, l'environnement et parfois les émotions.
C’est pourquoi une démarche durable ne devrait pas seulement poser la question « Que dois-je manger ? », mais aussi :
« Qu’est-ce qui devra réellement changer dans ma vie pour que je puisse continuer ainsi dans six mois, un an ou davantage ? »
Sources et références
Haute Autorité de Santé — Guide du parcours de soins : Surpoids et obésité de l'adulte. Guide mis à jour en novembre 2024. La HAS recommande notamment une évaluation multidimensionnelle et personnalisée et la prise en compte des habitudes de vie, des conduites alimentaires et des difficultés psychologiques. Guide du parcours de soins de la HAS
Van Baak MA, Mariman ECM (2023) — Obesity-induced and weight-loss-induced physiological factors affecting weight regain. Nature Reviews Endocrinology, 19, 655–670. Revue consacrée aux facteurs physiologiques susceptibles de favoriser la reprise de poids après amaigrissement. Consulter la publication sur PubMed
Martínez-Gómez MG, Roberts BM (2022) — Metabolic Adaptations to Weight Loss: A Brief Review. Journal of Strength and Conditioning Research, 36(10), 2970–2981. Revue consacrée aux adaptations métaboliques accompagnant la perte de poids. Consulter la publication sur PubMed
Casanova N, Beaulieu K, Finlayson G, Hopkins M (2019) — Metabolic adaptations during negative energy balance and their potential impact on appetite and food intake. Proceedings of the Nutrition Society, 78(3), 279–289. Revue des interactions entre déficit énergétique, dépense énergétique, faim et prise alimentaire. Consulter la publication sur PubMed




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